The Evolution of Web 3.0
http://www.slideshare.net/mstrickland/the-evolution-of-web-30
40 ans après : le web, ses dérives, son avenir, ses amours!
Nous sommes en 40 avant dijOnscOpe... Toute la planète est occupée par le minitel. Toute ? Non, un petit groupe de chercheurs résiste encore et toujours à l'envahisseur. Le 29 octobre 1969 à 23h20, l'équipe de Leonard Kleinrock parvient à faire circuler deux lettres 'LO", entre deux ordinateurs connectés l'un à l'autre. Depuis, Internet a chamboulé nos vies, pour le meilleur comme pour le pire...
Il était une fois...
Internet, Arpanet... Les noms se ressemblent. Forcement, puisqu'Arpanet n'est autre que le papa d'Internet! L'histoire débute aux États-Unis, en 1962. En pleine Guerre froide, alors que la tension avec le bloc soviétique est à son paroxysme, l'US Air Force confie à ses chercheurs la mission de trouver un moyen de communication qui puisse résister à l'arme atomique et qui facilite les transmissions entre les chercheurs de l'Advanced Research Projects Agency (ARPA), organisme rattaché à la Maison Blanche. Juillet 1962 marque les premières traces écrites des interactions possibles entre deux ordinateurs mais il faudra attendre août 1968 pour que le programme puisse être financé. Le 2 septembre 1969, l'embryon d'internet émerge et c'est le 29 octobre 1969 que pour la première fois, le professeur Kleinrock arrive à faire parler l'un de ses ordinateurs avec un autre de l'UCLA (University of California, Los Angeles). L'ARPANET est né. Peu loquace, cette première conversation se limite à deux lettres : "LO". En mars 1972, le premier courrier électronique est envoyé et ce ne sera pas le dernier ...
Internet et les Français : la Génération technologie"
Au 28 octobre 2009, internet en France compte 33 553 000 individus, soit 62,8% très exactement des 11 ans et + (source : Médiamétrie)."Tu passes ta journée sur internet !". Le Web est aujourd'hui la bête noire des parents. Les jeunes sont les principaux concernés puisque 95% des 15-25 ont déjà surfé sur internet, contre 7% seulement des 70-79 ans. Nombreux sont ceux qui ont un ordinateur dans leur chambre. Mais une chose surprenante a été observée : Internet n'est pas au "service" des cancres, bien au contraire. Les principaux utilisateurs du système sont les diplômés d'études supérieures, tandis que la Toile est très peu ou modérément utilisée par les moins diplômés. La catégorie socio-professionnelle jouerait ainsi un rôle important dans les usages du web. Par ailleurs, les habitants de zones rurales utilisent beaucoup moins leur connexion internet que les citadins. La faute à un réseau encore trop inégalitaire : les campagnes sont encore délaissées et le haut débit lui-même se fait rare dans certaines zones aussi bien de Côte d'Or que de France. Les solutions proposées, notamment via des systèmes satellites, sont souvent onéreuses.
Néanmoins, la révolution est en marche! Depuis 2001, internet compte chaque année près de 3 millions d'utilisateurs supplémentaires, de quoi faire sourir les fournisseurs d'accès. Sans oublier la fréquence élevée de cet usage puisque 60% des personnes possédant internet l'utilisent tous les jours. Les forfaits proposés sont donc très rentables... Mais d'où surfe-t-on? La maison, le travail et le lieu des études restent les trois endroits favoris des Français, une échappatoire à la tension. On ouvre maintenant beaucoup plus facilement une page web lorsque l'on a un pc et une connexion sous la main, plutôt qu'un bon livre. Malgré les prévisions, les lieux public sont quant à eux toujours boudés par les internautes. Une raison possible ? les difficultés de connexion, qui n'est en aucun cas favorisée. Tout aussi boudées : les applications, trop compliquées ! Les Français préfèrent se spécialiser dans un logiciel et se contenter des taches les plus simple telles que surfer ou consulter leur messagerie (source : INSEE). Dans tous les cas, près de 2 millions de Français seraient pathologiquement dépendants de la Toile... tandis que les spécialistes de l'addictologie du Web sen font encore très rares.
De la pub politique, vite !
Internet : l'ami des politiques. Ce dernier est très utilisé dans le nouveau monde de la communication. Le Web reste un lieu où l'on se valorise et les partis politiques ont trouvé le point fort de ce moyen de communication, qui reste essentiel et surtout direct avec les électeurs : aucun intermédiaire, traitement de masse, rapidité des échanges. Le futur votant à l'impression d'être individualisé et les partis se retrouvent très proche de leur électorat, offrant l'illusion d'une accessibilité accrue et d'un échange facilité avec les élus. "Je répond à vos question", "Contactez-moi !". La promotion d'un programme est donc facile et généralement gratuite via des réseaux sociaux comme Facebook, twitter ou des sites internet et des blogs...
Les États-Unis ont une fois de plus été l'initiateur de cette méthodologie et ont su tirer les bienfaits d'internet. Ainsi, durant sa campagne, Barack Obama disposait d'un staff spécial dédié à la gestion de sa campagne sur les réseaux sociaux. Un déclic pour la politique française qui passe aujourd'hui par le net et ce, aussi bien au niveau national que local. La démocratie électronique est en marche, la Toile étant un nouvel espace de débat public offrant une transparence inéluctable. En France, à peine 1% des électeurs ont consulté le site des candidats lors des dernières Présidentielles. Aux Etats-Unis, ce chiffre était de 11%.
Adhésion en ligne, alerte SMS, Web TV, blogs persos, page Fan, compte Twitter : on ne recule devant aucun moyen de communication dans cet univers dématérialisé. Il en est de même pour les web partisans qui, depuis le "Désir d'avenir" de Ségolène Royal pour les primaires du PS se mobilisent tous bords politiques confondues. Carla Bruni-Sarkozy, Web Tv de l'Élysée, réseau social PS (lacoopol.fr) et de l'UMP (Lescreateursdepossibles.com) dans un mois,... Et plus récemment, des clubs de fan. Ce sont ainsi 800 web partisans qui ont offert à Dominique de Villepin un accueil digne d'un meeting lors de la fin du procès ClearStream mardi 27 octobre. Une opération orchestrée grâce au Club Villepin, le site communautaire (type Facebook) des fans de l'ancien premier ministre : villepincom.net .
En Bourgogne, les régionales se dérouleront aussi sur internet, le PS ayant mis sur pied une plate-forme collaborative qui sera ouverte dans les prochains jours. Les adversaires de François Patriat ne seront sans doute pas en reste mais que les puristes se rassurent, les panneaux électoraux devant les mairies seront toujours là et les distributions de tracts ne cesseront pas.
Quand la presse dérive
Vive l'information sur internet ! Quand elle n'est pas plagiée ou démultipliée à l'infini... De par la facilité d'accès à l'information qu'elle procure, la Toile est très utilisée par les jeunes lors de recherches documentaires, de devoirs à la maison. Nombreuses sont alors les copies remplies de textes provenant tout droit d'internet, au grand dam des professeurs.
Les journalistes se comporteraient-ils parfois comme des collégiens ? Il faut croire que oui... Dans le monde de la presse, est considéré comme plagiat l'action de copier le contenu d'un autre média, d'un auteur, journaliste, chroniqueur, de façon illégale et de s'attribuer son article en le mettant à son nom. Le plagiat serait-il courant dans les médias ? Si les contenus sont accessibles en quelques minutes avec une rapidité déconcertante, les informations, comme tous les contenus du Web, sont d'apparence gratuites et la législation y est peu appliquée malgré la présence vigilante d'un syndicat tel que le GESTE, le groupement des Éditeurs de presse et de contenus en ligne.
En bref, la mauvaise utilisation d'internet nuit au journalisme ! Au-delà du plagiat, le désir de publier le plus rapidement possible des scoops et de l'information sensationnelle empêche parfois le recoupement et la vérification des sources. Dernier cas en date mardi 27 octobre avec l'annonce par l'AFP (Agence France Presse) de la découverte du corps sans vie du jeune Younes près de la frontière belge, information démentie près d'une heure après son lancement...
Vers la personnalisation du web ?
L'évolution d'internet est exponentielle : plus elle est croissante, plus elle est rapide. Nous avons contacté le Professeur Christophe Nicolle, expert du web au sein du LE2i, le Laboratoire en Électronique, Informatique et Image de l'IUT de Dijon. Pour dijOnscOpe, il nous dévoile l'avenir de la Toile...
dijOnscOpe: L'évolution d'internet a été très rapide ces dernières années avec l'explosion des réseaux sociaux, blogs... Que pensez-vous de cette évolution ?
Pr Nicolle: "Il y a une évolution technologique qui est indépendante de l’usage et il y a un développement exponentiel de l’investissement de l’internaute dans la production d’informations sur le web. L'explosion des réseaux sociaux fait apparaitre une fracture numérique mais il n'y a pas que les réseaux tels Facebook, msn ou autre. Internet peut en effet être utilisé de façon intelligente avec des applications très ciblées basées sur des technologies du Web mais qui ne sont pas accessibles au grand public.
dijOnscOpe: On parle de plus en plus en ce moment de web 3.0. A quoi cela correspond-t-il exactement ?
Pr Nicolle: Tout d'abord, le web 2.0 représente l’ensemble des technologies et des usages qui permettent à tout un chacun de devenir fournisseur d’informations mais certaines applications, sites Web, portails... sont inutiles ! Le web 3.0 est juste une façon de marquer une évolution par rapport au Web 2.0. Le web 3.0 représente le Web sémantique" (ndlr : basé sur le sens des mots). Actuellement, la recherche d'informations sur le web est stimulée par le référencement. Le web 3.0 prendrait en compte le profil de l'internaute et le contexte de la recherche effectuée sur les moteurs de recherches. Une façon de répondre au maximum aux attentes. Il existe déjà des sociétés sur Dijon qui travaillent à l’amélioration de leurs offres internet avec des technologies du Web 3.0 en partenariat avec des chercheurs du laboratoire LE2I de l’Université de Bourgogne. L’avenir sera moins aux sites web qu’aux développements d’applications internet ciblées accessibles via smartphone.
dijOnscOpe: Quels changements allons-nous observer avec l'internet du futur ? Le web sera-t-il indispensable alors qu'actuellement, il reste complémentaire dans notre société ?
Pr Nicolle: Ce qui est certain, c'est que la prédominances des sites web s’affaiblira pour faire place à d’autres types d’applications web plus intelligentes et plus adaptées aux besoins de l’utilisateur. [...] Nous n’aurons plus accès à l’information en tout sens mais à des applications fournissant des services, des connaissances et surtout une personnalisation importante."
1,7 milliards d'internautes sont aujourd'hui répertoriés dans le monde. Les "LO" de la genèse, symbole du premier plantage de connexion (puisque le mot dans son intégralité était LOGIN) semblent bel et bien dépassés...
L’avenir selon Google : l’interview du PDG Eric Schmidt par Gartner
Le PDG de Google, Eric Schmidt, a récemment donné une interview au symposium Gartner d'Orlando, où il a fait part de sa vision du marché BtoB, du futur du Web, et de l'Internet mobile.
L'interview a été publiée par Gartner, société de conseil informatique, sur sa chaîne YouTube, le 27 octobre.
La vidéo dure 45 minutes.
Ceux qui ne souhaitent pas la visionner peuvent trouver un condensé de celle-ci plus bas.
Google et sa vision du marché
- Google possède maintenant 80% des parts de marché de la recherche
- En croissance de 7% sur le Q3 2009
- Sur 1 dollar de revenu généré, 3 cents le sont par le marché BtoB.
Mais selon Google, il est de moins en moins pertinent de séparer le business entre BtoB et BtoC. Le véritable défi est de créer une plateforme qui réponde autant aux besoins des entreprises qu'à ceux des individus, en offrant à la fois la puissance requises par les premiers, et la personnalisation dues aux seconds.
- Google Wave est un exemple de ce genre d'applications, destinée à la fois à l'usage professionnel, et à l'usage particulier. C'est une "messagerie sous stéroïdes" : un moyen de communication mêlant emails, messagerie instantanée, et capables de transmettre tout type de média.
- Les solutions Google sont déjà utilisées par quelques millions d'entreprise.
Google utilise en interne ses propres solutions : "Nous mangeons notre propre cuisine. Si ce n'est pas bon, si nos outils ne fonctionnent pas, croyez-moi, nous sommes les premiers à le savoir".
- YouTube commencerait à générer des revenus publicitaires significatifs. L'équipe dirigeante comprend mieux comment articuler la publicité et l'offre de vidéos.
Le dirigeant de Google donne notamment son avis sur les évolutions du web dans les prochaines années (en 6 minutes cette fois
- L'anglais ne sera plus la langue dominante sur la Toile. Le Chinois, notamment, va prendre de plus en plus de place.
- L'essor de la mobilité pourrait supplanter l'usage sur poste informatique fixe, à condition que l'offre de smartphones de qualité s'améliore.
- Le visage de la consommation Internet sera très différent. Le texte aura moins de place ; nous passerons d'un média à un autre (vidéo, son, texte) beaucoup plus aisément qu'aujourd'hui (quand la génération Y sera pleinement aux commandes).
- La place des médias autres que textuels va s'accentuer : en dépassant les 100Mb de bande-passante, le réseau sera capable de transmettre indifféremment des formats radio, TV, câble ou autre.
- La recherche en temps réel est prise très au sérieux par Google.
Elle pose des problèmes techniques inédits. "Apprendre à trier cette information est le grand défi de notre époque (...). L'information en temps réel est aussi importante que toute autre information (...). Comment classe-t-on cette information ? (...) Quand deux personnes twittent au même moment, qui doit apparaître le premier ? Sur quels critères se baser ?".
Le partenariat signé par Microsoft avec Twitter et Facebook, visant à intégrer leurs flux dans la page de résultats de recherche sur Bing, est qualifié d' "intelligent" par Eric Schmidt. Au passage, ces deux compagnies ne sont que des "bons exemples de ce phénomène, mais il y en a d'autres".
Qu'en est-il de la mobilité, et de l'informatique dans le nuage ?
- Chrome OS vise essentiellement le netbook (défini de façon très large comme un outil portatif doté d'un système wifi, et navigateur très puissant)
- Il devrait être possible d'effectuer des tâches professionnelles sur netbook dès 2010, et ainsi diviser les coûts informatiques de ces tâches par 5 ou 10.
- L'absence de disque dur sur les netbooks n'est pas un problème, car ils sont dotés d'une connexion très puissante. Toutes les applications peuvent tourner "dans le nuage", c'est-à-dire sur un serveur délocalisé, et être accessibles via le navigateur.
Et dans l'avion, là où il n'y a pas de wifi ?
HTML 5 et Gears (une fonctionnalité développée par Google) permettent de mettre les données en cache, de façon localisée sur le netbook. Ces données resteront donc accessibles hors connexion. Du coup beaucoup d'applications Web se mettront à ressembler de plus en plus à des applications PC.
- L'informatique "dans le nuage" n'offre pas seulement des économies d'argent et de temps. Elle permet également de croiser efficacement des données et ainsi de faire émerger des "patterns de reconnaissance", à l'exemple de flu trends... et de mieux surveiller les employés d'une entreprise. Les interactions entre les employés et l'entreprise "dans le nuage" posent donc des problèmes de confiance inédits. La stratégie de Google est de mettre en place un système généraliste, et de laisser se développer un écosystème d'applications tierces pour prendre en charge les tâches spécialisées. La question de la confiance est centrale, et doit se gagner "consommateur par consommateur".
- Google met tout en oeuvre pour ne pas "piéger" les données placées dans le nuage.
La compagnie a ainsi créé un "Front de Libération des Données" (Data Liberation Front, Eric Schimdt s'excuse pour le ridicule du nom), composé d'une vingtaine de personnes, chargées de surveiller Google : "C'est vous qui faites que nous restons honnêtes".